Privatisations et service public
23/08/2010 22:45 par dlr14ème_62
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Privatisations et service public
23/08/2010 22:45 par dlr14ème_62
Marianne 2 a publié cette semaine un article en deux parties d’Eugène sur les privatisations. Un excellent moyen de comprendre que la privatisation n’est pas forcément la solution et que le secteur public a encore de beaux jours devant lui.
Le bêtisier Français
A dire vrai, il n’y a pas besoin d’aller très loin pour voir que les privatisations ne sont pas forcément la bonne solution. Chez nous, l’entrée en bourse d’EDF et la libéralisation du marché de l’énergie (acceptée par le gouvernement Jospin) avaient été vendus comme un moyen de baisser les prix. On voit bien au contraire que cela pousse les prix à la hausse, réduisant l’écart que la France a encore avec les autres pays européens, pour le plus grand bénéfice des actionnaires de l’ancien monopole public.
Nous avons également le cas de la libéralisation des renseignements téléphoniques (l’ancien 12). Il y a quinze ans, il coûtait 3,65 francs (55 centimes d’euros) pour avoir trois numéros. Aujourd’hui, non seulement il faut se souvenir de numéros à six chiffres, mais chaque numéro coûte désormais la bagatelle d’environ un euro cinquante, soit une multiplication par huit du prix du numéro. Le résultat ne s’est pas fait attendre : -30% d’appels. Seuls les médias et les actionnaires ont gagné.
Le bêtisier international
L’immense intérêt de cet article est de démonter l’argument des néolibéraux pour lesquels le marché est forcément plus efficace que l’Etat. Il ne s’agit pas pour moi de dire l’inverse et que l’Etat est forcément meilleur que le marché. Mais face au dogmatisme de certains, il est utile de rappeler ces exemples désastreux : Amérique Latine, Afrique, Angleterre : le privé n’est pas forcément plus efficace et peut conduire à une baisse du service et une hausse des prix.
Le grand intérêt de cet article vient aussi de la modération de son auteur, qui énonce à la fin les secteurs pour lesquels les privatisations sont a priori à prohiber. On y retrouve grosso modo les services publics traditionnels, le plus souvent des monopoles naturels (santé, éducation, énergie, transports ferroviaires, eau, télécommunications). Au regard de la crise de 2008, l’auteur pose la question légitime du secteur bancaire. Néanmoins, il n’est pas hostile à des concessions, du moment qu’elles sont bien cadrées.
Merci à Eugène et Marianne 2 pour ce bel article qui remet les pendules à l’heure sur la question des services publics en montrant que les privatisations se transforment trop souvent en des rentes privées au détriment du plus grand nombre, tant pour le service que le prix.
Laurent Pinsolle
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/
L’impact du réveil de la Chine
23/08/2010 22:40 par dlr14ème_62
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L’impact du réveil de la Chine
23/08/2010 22:40 par dlr14ème_62
Marianne 2 a publié cette semaine une interview en trois parties (un, deux et trois) de Valérie Niquet sur la Chine visant à relativiser la puissance de l’Empire du milieu au moment même où il vient de détrôner le Japon du rang de deuxième puissance économique de la planète.
Une mise en perspective intéressante
Cette interview est rafraîchissante dans la mesure où elle modère les nouvelles habituellement exposées par les médias. Certes, la Chine vient de prendre la 2ème place en matière de PIB, mais elle n’est encore que 98ème au monde pour le PIB par habitant. En outre, son succès est à relativiser par la pauvreté d’une grande partie de sa population, qui consomme toujours aussi peu (35% du PIB contre 60% dans les pays occidentaux). En outre, son poids diplomatique est à modérer par sa rivalité profonde avec l’Inde ou le Japon, ce qui n’en fait pas le leader de l’Asie.
En outre, le pays reste tout de même sensible à la conjoncture internationale. Le pays n’est-il pas trop dépendant d’hydrocarbures polluants dont le prix pourrait exploser dans les prochaines années ? Que se passerait-il si dans quelques années, les multinationales décidaient de délocaliser en Inde plutôt que dans l’Empire du milieu ? Quelles seront les conséquences de la politique de l’enfant unique et du déséquilibre démographique ? Enfin, même si la société Chinoise s’est libéralisée depuis une trentaine d’années, le pays n’est pas une démocratie. La transition pourrait être difficile.
La poursuite du grand bond en avant
Mais malgré les points très justes de Valérie Niquet, il faut reconnaître que la puissance d’un pays se mesure aussi à sa démographie et à son poids, indépendant de la richesse par personne. Le Luxembourg ne pèse pas grand-chose sur la scène internationale… Et aujourd’hui, la Chine est donc la 2ème puissance économique de la planète selon le PIB. Et encore, on pourrait argumenter que cela sous-estime la puissance réelle du pays, devenu le premier exportateur mondial ou le premier pays pour les réserves de change (plus de 2000 milliards de dollars).
En outre, la Chine dispose d’atouts forts pour poursuivre sa trajectoire. Son rattrapage est directement inspiré de ceux du Japon ou de la Corée du Sud et on peut donc en déduire qu’il y a de fortes chances que la croissance de la Chine reste forte dans les années à venir. Le pays pourrait de plus en plus utiliser son moteur interne pour croître, comme le montre le fort relèvement du salaire minimum. Bref, le scénario d’une forte croissance pour les deux ou trois décennies à venir amenant la Chine au premier rang économique mondial est tout sauf improbable.
Quelles conséquences pour le monde ?
Un scénario noir serait que le grand bond en avant engendre des tensions nationalistes potentiellement guerrières, notamment vis-à-vis de Taïwan. Ce scénario ne peut pas être balayé d’un revers de main, même si le précédent Japonais montre que l’ascension économique peut être pacifique, y compris pour un pays au passé belliqueux. En effet, on peut se demander comment le géant Chinois se comporterait en cas de pénurie sévère de matières premières…
Le rôle de la Chine sera également particulièrement intéressant pour la refondation du capitalisme. Et si l’Empire du milieu rejoignait l’Europe continentale et le Japon pour pousser un modèle de capitalisme plus souverain, solidaire et dirigiste alors que l’Inde pourrait soutenir le capitalisme plus sauvage promu par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ? La prochaine crise du capitalisme mondial sera peut-être l’occasion d’un tel rapprochement après les échecs du G20.
Bien sûr, la poursuite de la croissance de ce géant ne sera pas sans poser des problèmes, mais le poids de Pékin, déjà considérable dans l’économie mondiale, a toutes les chances de se renforcer fortement dans les années à venir. Et cela pourrait être une opportunité.
Laurent Pinsolle
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/
Roms : rétablissons les contrôles aux frontières !
19/08/2010 20:19 par dlr14ème_62
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Roms : rétablissons les contrôles aux frontières !
19/08/2010 20:19 par dlr14ème_62
La résurgence de la question rom met en évidence l’absurdité et l’impasse où nous mènent une certaine façon de « construire » l’Europe et le double langage des dirigeants français qui accompagne le mouvement malgré toutes leurs dénégations.Les Français ont ainsi pu découvrir que les reconduites dans leur pays d’origine de ces populations misérables et exclues, souvent issues de Roumanie et Bulgarie, ne servent strictement à rien puisque la libre circulation des personnes, pierre angulaire de l’Europe supranationale avec la « concurrence libre et non faussée », leur permet de revenir aussitôt en France pour une nouvelle période de trois mois.Pire, l’allocation d’aide au retour qui leur est versée (à raison de 300 € par adulte et 100 € par enfant), censée favoriser la réinsertion dans le pays d’origine, permet aux intéressés de… se payer un nouveau trajet vers la France !
L’entrée dès 2007 de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’Union européenne, que j’ai été - à cause de leurs écarts trop importants avec la plupart des pays membres - l’un des seuls à combattre au Parlement français, montre aujourd’hui clairement son caractère prématuré et irresponsable.Beaucoup de Roms de Roumanie et de Bulgarie venus en France provoquent en effet de graves troubles à l’ordre public, contre lesquels il est très difficile d’agir et qui s’ajoutent à une délinquance domestique suffisamment ardue à contenir.
Ce n’est pas stigmatiser toute une population ou se livrer à je ne sais quel amalgame que de constater que, bien souvent, les Roms ont partie liée avec des mafias très organisées, qui sévissent dans le cambriolage, le vol de voitures, les voies de fait de tout type, la mendicité agressive (y compris au moyen de mineurs), etc. Cela crée bien sûr une insécurité supplémentaire, une dangereuse et injuste confusion avec les gens du voyage de nationalité française, une dépense publique non négligeable, sans même parler de la charge de gestion administrative et diplomatique.Ainsi, on a encore appris aujourd’hui qu’au moins l’une des deux cambrioleuses surprises il y a peu par un retraité de l’Hérault, en pleine effraction de son domicile, serait issue de la communauté rom. Les enquêteurs supposent qu’elle aurait été déposée avec sa comparse dans les environs par un complice mafieux, preuve supplémentaire du type de criminalité que génèrent certains Roms. Quant au trouble à l’ordre public provoqué par ce fait divers, il est des plus inquiétants : usage d’une arme à feu par le propriétaire paniqué, incarcération de ce dernier (la légitime défense ne semblant pas devoir lui être accordée), incompréhension totale de la population envers la justice et montée d’une colère qui pourrait bien servir les intérêts électoraux de certains… Bref, le monde à l’envers !
Face à tous ces désordres, comme d’habitude, la gauche et la droite allument des contre-feux pour dissimuler leur coresponsabilité européenne et leur refus d’agir à la racine, en entonnant leur éternelle rengaine : d’un côté, la fausse générosité qui voudrait ouvrir les frontières à tous les vents sans en voir les conséquences concrètes. De l’autre, la fausse fermeté, celle des discours musclés et des coups médiatiques permanents, qui ne résout strictement rien puisque les Roms expulsés reviennent ensuite en toute légalité dans notre pays.Car ni le PS, ni l’UMP n’osent briser le tabou de cette Europe supranationale qui démontre une fois de plus au grand jour sa faillite. La Roumanie et la Bulgarie compteraient jusqu’à 2,5 millions de Roms totalement exclus et vivant dans la plus grande pauvreté. Comment, ainsi que le fait la Commission, imaginer supportable pour les populations d’Europe occidentale la migration massive de ces parias vers nos pays ? Sur la forme, les reproches de Bruxelles à Paris sur la question rom sont certes fondés au regard des accords que nos gouvernants, en toute connaissance de cause, ont signés en matière de libre circulation, mais ils n’en restent pas moins scandaleux sur le fond ! Le cavalier seul roumain et bulgare, qui permet à ces pays de se débarrasser sur notre dos de leur problème rom (lequel ne date pas d’hier), tout en nous faisant la morale, est tout aussi inadmissible !
Et ce n’est pas tout : non seulement les dernières restrictions (car il y en a encore) à la libre circulation des Roumains et Bulgares à l’intérieur de l’UE doivent être levées dès l’année prochaine, mais aussi Bucarest mène une politique massive d’octroi de la double nationalité aux ressortissants de la Moldavie voisine, entraînant un nouvel appel d’air migratoire très dangereux pour l’équilibre de tous les pays européens. Dans l’état actuel des choses, la situation ne peut donc qu’empirer…
Chacun mesurera que la seule solution pour mettre un terme à cette anarchie, qui alimente en retour des réactions de rejet inquiétantes pour la paix civile même si elles sont compréhensibles, consiste à rétablir de vrais contrôles à nos frontières. Si l’Europe démontre au quotidien son incurie dans la maîtrise des flux migratoire (en son sein, comme à ses frontières extérieures d’ailleurs), alors cessons les frais et rétablissons ce qui marche en attendant que Bruxelles fasse éventuellement ses preuves. Ne serait-ce que pour interdire efficacement l’accès de notre territoire à des délinquants ayant déjà par le passé fait l’objet de procédures d’expulsion !
Le rétablissement des contrôles aux frontières, simple et logique empirisme auquel n’importe qui, à commencer par des responsables publics, devrait se soumettre. D’ailleurs, on accepte sans difficulté des contrôles multiples dans les aéroports, alors pourquoi vivrait-on comme un drame un simple contrôle douanier à nos frontières terrestres ? Hélas, tant que l’impasse de l’Europe supranationale demeurera enveloppée dans un tabou, on empêchera les Français d’en tirer les seules conclusions qui vaillent. C’est pourquoi DLR continuera de dire la vérité sur cette Europe qui crée tant de problèmes tout en empêchant de les résoudre.
NDA
Joseph Stliglitz, économiste politique (3)
19/08/2010 12:08 par dlr14ème_62
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Joseph Stliglitz, économiste politique (3)
19/08/2010 12:08 par dlr14ème_62
Comme John Manyard Keynes, auquel il se réfère plusieurs fois, l’auteur de « La Grande Désillusion » est finalement très politique. Car derrière les raisonnements économiques, il construit une véritable philosophie à la fois libérale et humaniste.
Keynes, ce héros
Même s’il prédit un peu imprudemment la défaite idéologique des néolibéraux, l’auteur souligne la justesse de l’analyse keynésienne, pour laquelle si « les marchés sont au cœur de toute économie dynamique, ils ne fonctionnent pas bien tout seuls ». Il reprend la parabole du concours de beauté où les juges cherchent à juger non pas le plus beau visage mais celui que les autres vont juger comme tel pour illustrer la méthode d’investissement. Cela explique pour lui le caractère moutonnier du marché.
Il voit dans la crise actuelle une crise de demande, où seul l’Etat peut agir pour relancer la machine économique. Si la baisse des taux d’intérêt est utile et souhaitable, il souligne que seule une politique de dépenses publiques orientée vers l’investissement et vers les moins riches permettra de sortir de la crise du fait de la trappe à liquidités. En effet, les banques ne peuvent pas accorder plus de crédits qu’on ne leur en demande et les baisses d’impôt risquent d’être épargnées.
Pour lui, « Keynes tentait de sauver le capitalisme de lui-même ». Il souscrit à son analyse de la rigidité des salaires à la baisse et montre qu’il est beaucoup plus facile de baisser les salaires relatifs avec un peu d’inflation plutôt que par une baisse du nominal. Il distingue deux écoles keynésiennes : les conservateurs (très proches des néolibéraux) qui pensent qu’il faut agir pour flexibiliser les salaires et ceux qui s’y opposent et croient davantage au rôle de l’Etat.
Puis, il souligne que la rechute de 1938 est la conséquence de la baisse des déficits (de 5.5% à 0.1% en deux ans, alors que les dépenses de l’Etat étaient passées de 10.5 à 7.7% du PIB de 1936 à 1938). Enfin, il rend hommage à John Galbraith qui avait prévu que la prochaine dépression aurait lieu quinze ans après le premier président né après la Grande Dépression. 2008 est arrivé exactement quinze ans après 1993 et l’accession au pouvoir de Bill Clinton…
Une philosophie politique
Joseph Stiglitz démontre qu’un bon Etat providence permet, comme en Suède, une plus grande innovation car la prise de risque est finalement encouragée par le filet de protection étatique. Il souligne également que l’Etat devra continuer à agir, pour l’assurance maladie (le privé tentera toujours de s’exonérer de certains malades) ou pour s’assurer que le niveau des salaires reste juste (après tout, le marché peut s’équilibrer avec un salaire minimum trop bas), bref, pour que les marchés restent humains.
Il souligne que si l’Etat échoue, c’est aussi le cas des marchés, comme le montre bien cette crise et celle de 2001 et que cela n’implique donc pas qu’il faille abandonner l’un ou l’autre. Il dénonce le laissez-faire de Greenspan sur les bulles en affirmant que « c’est une étrange idée de penser qu’il était plus facile de réparer la voiture après l’accident plutôt que d’empêcher l’accident ». Contrairement aux néolibéraux, il pense qu’il faut agir contre la formation des bulles.
Plus globalement, il dénonce également l’influence du marché sur notre manière de penser, l’envolée des inégalités, qui font qu’il n’y a plus aucune limite dans les écarts de rémunérations, la primauté du droit des entreprises et de la sécurité des biens sur la sécurité des personnes, qui recule avec la hausse du chômage, ou les réformes des systèmes de sécurité sociale. Il y voit une profonde crise morale et aboutit à une critique de la focalisation sur le PIB qui rappelle Bob Kennedy.
S’il reste un keynésien canal historique, Joseph Stiglitz est aussi un libéral. Et s’il croit à l’action de l’Etat, il croit également à l’action des marchés, ce qui justifie son soutien aux ventes à découvert et à la comptabilité « marked-to-market » qui sont des éléments de transparence destinés à bien faire fonctionner le marché. C’est pour cela également qu’il s’oppose (trop rapidement) au protectionnisme. Mais il fait partie des libéraux humanistes qui sont prêts à corriger le marché s’il devient injuste.
En lisant ce livre, je me suis demandé, comme pour Paul Krugman, pourquoi ces deux économistes brillants et humanistes ne militent pas au Parti Démocrate pour essayer de peser sur la vie politique de leur pays. Les deux en ont largement le talent et les convictions, au-delà de l’intellect.
Source : Joseph Stiglitz, « Le triomphe de la cupidité », LLL, Les Liens qui Libèrent
Sécurité : les paroles et les actes !
19/08/2010 11:12 par dlr14ème_62
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Sécurité : les paroles et les actes !
19/08/2010 11:12 par dlr14ème_62
Tout l’échiquier politique local est unanime à condamner l’agression des fonctionnaires de police qui s’est déroulée ce 15 août à Montigny en Gohelle. Mais dénoncer est une chose ! Trouver les causes de cet acte inacceptable en est une autre ! Et pourtant elles sont simples mais il n’est pas « politiquement correct » de les rappeler. Nous ne pensons pas comme Mr Yard qu’elles sont à chercher dans la configuration sociale de notre secteur. Ce facteur contribue mais pas seulement. Etre chômeur ne fait pas d’une personne, un délinquant en puissance ! Non la première des causes est la déliquescence des mœurs qui engendre un manque de repères. Le consumérisme de notre société accélérant encore plus cette perte de valeur. Les parents aussi qui se déchargent de l’éducation due à leurs enfants sur une « Education Nationale » complètement dépassée. Une Education Nationale qui a aussi faillit dans sa mission première qui était d’instruire. Vient ensuite l’incompétence des communes à assurer seule leur sécurité publique. Les « prévôtés » municipales, pompeusement nommées « Police », n’étant que des faire- valoir d’une politique de décentralisation absurde, sans aucuns pouvoirs et avec des moyens très limités. Nous pensons que la sécurité doit rester avant tout et surtout un domaine « régalien » aux mains de l’Etat uniquement, n’en déplaise à Mr Estrosi. L’Etat justement, qui porte lui aussi une lourde responsabilité dans ce type d’évènement. Une baisse continuelle des effectifs policiers*, un déficit d’autorité de plus en plus croissant, un manque de rigueur moral de la part de ses représentants, à commencer par le premier d’entre eux, et surtout le laxisme judiciaire cédant aux sirènes bien pensantes des droits des criminels et délinquants, en général toujours aux dépens du droit des victimes. Voilà les véritables causes d’un mal de plus en plus implanté dans notre pays. Mr Yard aura beau essayé de se justifier pour le plus grand bonheur de son service de communication (autrefois appelé propagande), il n’en restera pas moins impuissant à régler les problèmes de délinquance et d’incivilité dans sa commune. Quand au Gouvernement, sa politique sécuritaire déclamée devant caméras et micros, ne trompe plus personne. Comment peut – on lutter efficacement contre la criminalité, la délinquance et les incivilités, lorsque l’on diminue un peu plus chaque année les effectifs des forces de l’ordre ?
DLR14ème circonscription du Pas de Calais apporte son soutien aux agents des forces de l’ordre et espère un châtiment exemplaire à l’encontre des agresseurs.
Le comité de circonscription
* Pour notre secteur, ce sont 12 agents qui composent la brigade de nuit. Leur territoire se compose de 34 communes pour un peu plus de 300 000 habitants, soit 1 agent pour 25 000 habitants.
Les Musulmans en France
18/08/2010 16:29 par dlr14ème_62
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Les Musulmans en France
18/08/2010 16:29 par dlr14ème_62
Les Musulmans en France
Courants, institutions, communautés : un état des lieux
de Bernard Godard et Sylvie Taussig
Editeur : Robert Laffont
Collection : Pluriel
Parution : Février 2007
ISBN : 222 110 4730
Résumé du livre
Dans un souci d'objectivité, les auteurs ont cherché à comprendre qui sont les millions de personnes, partageant notre quotidien et qui appartiennent à cette religion, volontairement ou non, plus ou moins activement, voire passivement ou de manière ouvertement critique. Menée à partir de statistiques officielles, cette enquête permet d'appréhender non pas un islam, mais tous les islams de France qui se font face, s'épaulent ou se concurrencent. On saisit à quel point l'islam n'est pas le même selon les communautés (algérienne, marocaine, tunisienne, etc .), ni selon les orientations (sunnite ou chiite). On vérifie les nuances qui opposent, on suit les débats opposant les réformistes aux fondamentalistes, les laïcs aux convertis, mais aussi tous les mouvements marginaux, qui seront peut-être majoritaires dans l’avenir. Enfin, on voit se dessiner, région par région, une carte de France avec des forces nouvelles, entre éthique, business et traditionalisme. Sans se substituer aux autorités politiques ou religieuses, les auteurs posent aussi toutes les questions sur la viabilité des rapports entre islam et république. Quel financement pour les lieux de culte ? Quelle formation pour les imams ? Qui détient l'autorité religieuse ? Autant de questions qui engagent, au-delà de la communauté musulmane, l'avenir de tout notre pays.
Le Mot de l'éditeur
À l’heure où la question de l’islam est plus que jamais l’objet de tous les débats, voici le premier livre de référence, ni religieux ni polémique, consacré à ce sujet.
Ce précis de l’islam en France se distingue par son approche sociologique et clairement dépassionnée. Dans un souci permanent d’objectivité, Bernard Godard et Sylvie Taussig ont cherché à comprendre qui sont les millions d’hommes et de femmes, partageant le quotidien de tous les Français, qui appartiennent à cette religion, volontairement ou non, plus ou moins activement, voire passivement ou de manière ouvertement critique.
Menée à partir de statistiques officielles, cette enquête à la fois exhaustive et serrée permet d’appréhender non pas un islam, mais tous les islams de France qui se font face, s’épaulent ou se concurrencent. Ce livre est une radioscopie étonnante, qui surprendra par sa richesse humaine, la diversité de ses courants, mais aussi de ses oppositions internes, souvent tranchées. On saisit à quel point l’islam n’est pas le même selon les communautés (algérienne, marocaine, tunisienne, etc.), ni selon les orientations (sunnite ou chiite). On vérifie toutes les nuances qui opposent, par exemple, les musulmans originaires de Turquie à ceux qui viennent d’Asie, de même que l’on suit les débats opposant les réformistes aux fondamentalistes, les laïcs aux convertis, mais aussi tous les mouvements marginaux, qui seront peut-être majoritaires demain. Enfin, on voit se dessiner, région par région, une carte de France avec des forces nouvelles, entre éthique, business et traditionalisme.
Sans se substituer aux autorités politiques ou religieuses, les auteurs posent aussi toutes les questions sur la viabilité des rapports entre islam et république. Quel financement pour les lieux de culte ? Quelle formation pour les imams ? Qui détient l’autorité religieuse ? Autant de questions qui engagent, au-delà de la communauté musulmane, l’avenir de tout notre pays.
Les auteurs
Bernard Godard, né en 1950 au Maroc, est licencié en sociologie et diplômé de l'INALCO. Commandant de la police nationale où il est entré en 1976, il est appelé au cabinet de J.-P. Chevènement où il est chargé du dossier islam, puis poursuit sa mission au cabinet de D. Vaillant (1997-2002). Il est nommé en 2002 chargé de mission au Bureau central des cultes du ministère de l'Intérieur sur le même dossier. Il a créé le Conseil français du culte musulman (CFCM).
Sylvie Taussig est née en 1969, à Paris. Traductrice, elle est aussi auteur de deux romans, Prison (Éditions d'écarts, 2000) et Patron Titan (Galaade, 2006). Sylvie Taussig a été rédactrice en chef de Cités Islam en France (2003).
Notre avis
Un livre que nous recommandons pour mieux appréhender la confession de nombreux citoyens en France surtout en cette période de jeûne de Ramadan qui est une de leurs fêtes les plus importantes. Nous le conseillons également à tous les ignorants qui ne cessent sur divers blogs de déverser des flots d’injures et de haine contre des citoyens de confessions musulmanes qui ne demandent dans leur grande majorité qu’à vivre en paix dans le respect des lois républicaines.
Joseph Stiglitz, théoricien d’un autre système économique (2)
18/08/2010 14:58 par dlr14ème_62
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Joseph Stiglitz, théoricien d’un autre système économique (2)
18/08/2010 14:58 par dlr14ème_62
Dans « Le triomphe de la cupidité », le prix Nobel d’économie 2001 ne se contente pas de conter la crise. Il fait également de très nombreuses propositions pour tirer les leçons de nos erreurs.
Sa vision des plans de relance
Comme Paul Krugman, il juge le plan de relance insuffisant car Washington doit compenser les budgets des Etats, qui coupent dans les dépenses et augmentent les impôts. Il démonte l’équivalence ricardienne qui veut que les ménages réagissent à l’évolution des dépenses de l’Etat (en épargnant davantage si les dépenses publiques augmentent par anticipation d’une hausse des impôts) en soulignant que l’épargne avait baissé après les baisses d’impôt de 2001, en dépit des déficits.
Il définit sept principes à un plan de soutien à l’économie : être rapide, être efficace (bon effet multiplicateur), s’attaquer aux problèmes de long terme, se concentrer sur l’investissement, être juste (par opposition aux baisses d’impôt de l’administration Bush) et cibler les zones de pertes d’emploi. Le rebond assez vif de la croissance dès le 2ème semestre 2009 semblait indiquer que ses critiques étaient un peu fortes mais le ralentissement actuel pourrait au contraire prouver qu’il avait raison.
Il soutient que l’Etat aurait dû refinancer les ménages sous l’eau à des taux préférentiels au lieu d’aider les banques et ainsi créer un ruissellement par le bas. Pour lui, l’Etat aurait dû prêter à 2% aux ménages en difficultés, ce qui aurait réduit radicalement leur mensualité. Ainsi le taux de défaut aurait baissé et les banques se seraient mieux portées du fait de la meilleure santé des ménages. Au contraire, les aides aux banques n’ont provoqué aucun ruissellement vers le bas.
Une révolution financière
Revenant sur les crises des pays émergents d’Asie et d’Amérique Latine, il souligne le danger des mouvements anarchiques de capitaux et soutient que « le système financier doit être un moyen au service d’une fin, pas une fin en soi ». Pour lui, la réglementation doit « empêcher les banques d’exploiter les citoyens pauvres ou peu instruits » et « garantir la stabilité du système financier », exactement de que les « de-régulateurs » ont réussi à détruire.
Il propose de taxer les banques et critique l’indépendance des banques centrales pour leur consanguinité avec le secteur bancaire et leur côté anti-démocratique. Il souligne la bonne gestion du Brésil et de l’Inde, où elles ne sont pas indépendantes. Pour lui, « la politique économique implique des arbitrages – des perdants et des gagnants – et on ne peut laisser ce genre de décision aux seuls technocrates. (…) La politique monétaire demande d’arbitrer entre chômage et inflation. »
Il dénonce le biais des banquiers centraux qui voient « l’inflation comme le mal suprême » et qui « prétendent que l’inflation est particulièrement dure pour les pauvres ». Pour lui, « quand on entend les banquiers prendre fait et cause pour les pauvres, on doit se méfier. La vérité est que ceux qui perdent le plus sont les porteurs d’obligation ». Il propose la création d’une réserve mondiale (par émission annuelle d’une nouvelle monnaie de réserve) qui permettrait de compenser les déficits commerciaux d’ampleur raisonnable et limiter la course aux excédents.
Une réforme de la finance
Il constate amèrement que la réforme de la finance n’avance pas et propose des solutions : fonder les rémunérations sur les résultats à long terme, maintien des ventes à découvert et du « marked-to-market » pour garder une discipline de marché, instauration de normes prudentielles contra-cycliques (augmenter les exigences de fonds propres quand la conjoncture est bonne), limiter la titrisation car la complexité réduit la transparence, limiter l’effet de levier et, puisque les banques sont trop grandes pour faire faillite, ne pas hésiter à les diviser, comme l’a suggéré le gouverneur de la Banque d’Angleterre.
On peut néanmoins porter quelques critiques sur ce livre. Il écrit qu’ « il est certain que des choses vont changer à cause de la crise. Le retour au monde d’avant crise est exclu », ce qui semble très optimiste aujourd’hui. Il oublie le biais extrêmement inégalitaire du système éducatif étasunien et surtout dénonce plusieurs fois le risque protectionniste, sans plus argumenter sur le sujet alors qu’il souligne le « casse-tête industriel » des sociétés occidentales, où l’emploi industriel diminue.
Ce livre est très rafraîchissant car Joseph Stiglitz propose beaucoup et n’hésite pas à casser des tabous pourtant extrêmement forts comme la libre-circulation des capitaux ou l’indépendance des banques centrales. Dommage qu’il ne le fasse pas pour le libre-échange.
Source : Joseph Stiglitz, « Le triomphe de la cupidité », LLL, Les Liens qui Libèrent
Communiqué de presse
18/08/2010 10:14 par dlr14ème_62
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Communiqué de presse
18/08/2010 10:14 par dlr14ème_62
Le comité DLR de la 14ème circonscription du Pas de Calais partage la vive émotion ressentie par Mr Guy Delcourt, Député et Maire de Lens, face à la parodie insultante diffusée sur France 4 dans le cadre de l’émission « On achève bien l'info». Nous partageons sa colère et dénonçons ce pseudo – humour ravageur qui jette l’opprobre sur toute une population et accentue les facteurs de divisions nationales. Nous nous étonnons également que ce soit une chaîne de France Télévision qui ai diffusé ce monument de bêtise qui insulte la région, mais aussi
la France dans ses valeurs de respect d’autrui.
Toutefois, nous rappelons à Mr Delcourt que, le fait que la population du bassin minier puisse disposer d’une image aussi déplorable, est en majorité dû à sa propre formation politique. Le PS tendance guédiste est établis sur le bassin minier depuis longtemps, trop longtemps. Il a maintenu la population dans un état de sujétion et de dépendance pour régner sans partage. On en voit les effets négatifs aujourd’hui…
Le comité DLR de la 14ème circonscription
Que veulent dire les mots Roms, Tsiganes et Gens du voyage ?
17/08/2010 12:09 par dlr14ème_62
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Que veulent dire les mots Roms, Tsiganes et Gens du voyage ?
17/08/2010 12:09 par dlr14ème_62
Cela dépend de qui les prononce.
Soixante-dix Roms ont été expulsés d’un bâtiment à Montreuil. Depuis l’annonce par le président Nicolas Sarkozy le 28 juillet de mesures contre certains «Roms et le Gens du voyage», plus de 40 camps ont été démantelés selon Brice Hortefeux. A Bordeaux, ce dernier Week-end, après une journée marquée par des échauffourées, quelque 140 familles ont passé la nuit sur les axes menant au parking qui leur avait été réservé, en face du terrain où ils souhaitaient stationner. L’article ci-dessous, publié au moment de l’annonce du président de la République, revient sur la confusion qui règne autour de ces termes.
Dans un communiqué du mercredi 21 juillet *, Nicolas Sarkozy estimait que les violences qui ont suivi la mort d’un jeune homme de la communauté du voyage dans le Loir-et-Cher «soulignent les problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms.» La déclaration a suscité les réactions de diverses associations, comme la Ligue des droits de l’homme qui a dénoncé «une réunion pour stigmatiser une ethnie.» Gens du voyage, Roms, gitans, Tsiganes, romanichels, manouches: de nombreux mots sont utilisés, dans des contextes différents et souvent de manière confuse, pour désigner des populations parfois sédentaires, parfois itinérantes, françaises ou non. Quelle est la différence entre ces termes ?
L’Union européenne utilise le terme de Roms (ou Roma en anglais), qui signifie «homme» en hindi en «référence à divers groupes d’individus qui se décrivent eux-mêmes comme Roms, Gitans, Gens du voyage, Manouches, Ashkali, Sinti, etc.», une population à laquelle elle a déjà consacré deux sommets depuis 2008 pour favoriser son inclusion dans les différents pays membres.
Marcel Courthiade, titulaire de la chaire de langue et civilisation romani à l’Institut national des langues et civilisations orientales, approuve cette dénomination générale de Roms pour désigner les populations qui ont en commun une origine et la langue romani, ou du moins le souvenir de l’usage de cette langue. D’un point de vue historique, les Roms au sens large ont été déportés au XIe siècle de la vallée du Gange, en Inde, et a migré progressivement à travers l’Asie occidentale puis l’Europe jusqu’au début du XXe siècle. Les premiers Roms sont arrivés en France autour du XVe siècle.
Si l’on accepte cette définition, il y aurait actuellement en France entre 350.000 à 500.000 Roms, dont la quasi totalité est de nationalité française, sur un total de 10 à 12 millions dans l’Union européenne. Une idée reçue répandue voudrait que les Roms soient des nomades, pourtant seulement 2% d’entre eux sont du voyage en Europe.
L’Union romani internationale, une organisation reconnue par les Nations Unies qui défend les droits, la culture et le langage des peuples romanis, a été crée en 1978 et témoigne d’une volonté de revendiquer un patrimoine commun. Mais dans plusieurs pays comme la France, l’Allemagne ou le Brésil, certains Tsiganes ne veulent pas d’une identité transnationale rom et revendiquent, au contraire, l’accès à la pleine citoyenneté de la nation qui leur donne leur identité légale, comme l’explique Marc Bordigoni, ingénieur de recherche CNRS à l’Institut d’ethnologie méditerranéenne et comparative. Jérôme Weinhard, animateur du pôle juridique de la Fédération nationale des associations solidaires d’action avec les Tsiganes et les Gens du voyage (Fnasat), confirme que le choix du terme que l’on utilise pour désigner cette population est aussi souvent un choix politique.
Plutôt que «Roms», c’est ainsi le terme «Tsiganes» qui est utilisé et accepté en France pour désigner cette population qui a en commun la langue romani, et que nous utiliserons pour cet article. Selon Marcel Courthiade, le mot «tsigane» désignait à l’origine une secte comprenant de nombreux Arméniens en Asie mineure, disparue au début du XIe siècle, à la même époque de l’arrivée des Roms, d’où la confusion entre les deux populations. Mais le terme s’étant vraiment développé lors de l’esclavage des Roms en Moldavie, et est péjoratif dans de nombreux pays balkaniques et slaves. Il est réapparu en France après la Seconde guerre mondiale, car il était utilisé par les nazis.
Les universitaires et les Tsiganes français font une distinction en limitant le mot «Gitans» aux Tsiganes de la péninsule ibérique et du sud de la France. Le terme est lui aussi souvent utilisé ou perçu de manière péjorative. Comme le rappelle Jérôme Weinhard, les mots changent souvent de sens selon ceux par qui ils sont prononcés ou le contexte dans lequel ils sont utilisés. Les manouches sont eux une branche de Tsiganes principalement présents dans l’est de la France depuis le début du XIXe siècle. Le terme romanichel signifie «le peuple Rom» en romani et serait théoriquement le meilleur terme à utiliser, mais encore une fois il a acquis une connotation très péjorative en France.
Les termes «Roms» au sens de l’Union européenne ou «Tsigane» ne sont pas utilisés par les autorités françaises, justement parce qu’il qualifie une population sur des bases ethniques, ce qui est contraire à la constitution. «Gens du voyage» est le terme juridique et administratif qui désigne une catégorie de personnes dans le droit français. Cette catégorie administrative recouvre une grande diversité de personnes avec des situations économiques et des origines très diverses, dont des Français qui n’ont rien à voir avec les Tsiganes, des gitans etc. Par contre on n’y compte pas les roms au sens français du terme, qui sont des ressortissants de l’Union européenne, majoritairement Roumains et Bulgares arrivés pour la plupart en France après la chute du Mur.
La confusion entre les «gens du voyage» et les Tsiganes vient en partie de cette spécificité française qui interdit à l’administration de qualifier une partie de la population sur des critères ethniques. Au début du XXe siècle, le gouvernement français veut surveiller les Tsiganes qui sont alors victimes des pires préjugés, comme en témoigne cet extrait des débats au Sénat du 10 mars 1911 cité par le blog Combat pour les droits de l’homme du Monde, mais sans utiliser un terme ethnique.
L’appellation «nomades» est alors officiellement utilisée, et la loi du 16 juillet 1912 leur impose un carnet anthropométrique obligatoire qui contient des informations telles que l’envergure, la longueur et la largeur de la tête, la longueur de l’oreille droite, la longueur des doigts médius et auriculaires gauches, celle de la coudée gauche, celle du pied gauche, la couleur des yeux ou encore la forme du nez.
Plus tard, ce fichage a été utilisé par le régime de Vichy, qui a interdit le nomadisme et enfermé les nomades, soupçonnés d’espionnage, dans des camps d’internement un peu partout en France, alors que le régime nazi persécutait les Tsiganes à travers l’Europe. Après cette persécution, le mot «nomades» est devenu inutilisable, et remplacé par le néologisme «Gens du voyage» avec la loi du 3 janvier 1969, qui remplace également le carnet anthropomorphique par un livret de circulation.
Si le problème de la dénomination des populations tsiganes ou romani est si compliqué, c’est aussi parce qu’elles ne s’accordent pas entre elles sur les termes et leur définition.
Dans une tribune coécrite dans les colonnes de Libération, Stéphane Lévêque, président de la Fnasat, explique également qu’il s’oppose à l’erreur faite par Nicolas Sarkozy, qui «consiste à identifier «gens du voyage» et «Roms». Or la première appellation renvoie à une classification administrative française relative à un mode d’habitat «constitué de résidences mobiles» (loi du 5 juillet 2000) ; tandis que les Roms sont des ressortissants des pays de l’Est, sédentaires dans leur grande majorité.»
«En France, l’appellation « gens du voyage» désigne, dans le vocabulaire de l’administration et souvent de la population française, notre population. Nous ne nous reconnaissons pas nous-mêmes sous cette appellation d’un point de vue humain, culturel et identitaire. Tenant compte de ce qui précède, lorsque l’appellation “Gens du voyage” se substitue aux mots Tsiganes, Manouches, Gitans, Roms, Sinté ou Yéniches pour désigner nos populations respectives à des fins d’hostilité, dépréciatives, discriminatoires, ou racistes à notre égard, nous exigeons que cet acte soit considéré comme de l’antitsiganisme et/ou de la tsiganophobie, et soit systématiquement dénoncé et condamné publiquement par les autorités.»
Une partie des Tsiganes demande un statut officiel qui favoriserait «la promotion de notre patrimoine culturel et linguistique en tant que partie intégrante du patrimoine français», et que «la contribution de notre population, partie intégrante de la nation française depuis plusieurs siècles, et active sur les plans culturel, patrimonial, artistique, industriel, économique, sociologique, spirituel, écologique, agricole, celui du développement durable etc. soit dûment reconnue et mentionnée dans les livres scolaires.»
Les divisions au sein même de la population Rom se reflètent également dans l’attitude vis-à-vis des titres de circulation des «gens du voyage»: «certains veulent les conserver tandis que d’autres réclament une carte d’identité avec une adresse fixe», explique Pierre Hérisson, qui rajoute que «s’ils pouvaient se mettre d’accord entre eux cela nous arrangerait tous.»
Si la complexité de la question des vocables des Roms et des Tsiganes peut pousser à accorder éventuellement un peu d’indulgence aux politiques qui s’emmêlent les pinceaux dans les termes, elle n’explique pas tous les amalgames. Le gouvernement français a relayé au niveau européen ses préoccupations concernant la délinquance des Roms suite aux évènements de Saint-Aignan à travers son secrétaire d’Etat aux affaires européennes Pierre Lellouche lundi 26 juillet. «Il n’est pas question de stigmatiser une communauté ou des Etats, a indiqué le ministre. Mais nous sommes confrontés à un réel problème et le temps est venu de s’en occuper,» évoquant la forte progression («plus de 150 % à Paris») de certains faits de délinquance commis par des mineurs roumains. Pierre Lellouche a sans doute oublié que moins de 10% des Roms (au sens européen et de l’Union romani internationale) de France sont des Roumains, tandis que les Roms ne représentent qu’une minorité des 120.000 citoyens roumains habitant en France. Il y a encore du travail…
Grégoire Fleurot (Slate.fr)

* Déclaration de M. le Président de la République sur la sécurité
Conseil des ministres – Palais de l’Elysée — Mercredi 21 juillet 2010
Des évènements d’une extrême gravité viennent de se produire ces jours derniers dans l’Isère et le Loir-et-Cher marquant une escalade de la violence, en particulier envers les forces de l’ordre.
Ces évènements ne sont pas acceptables.
Le Gouvernement mène une lutte implacable contre la criminalité. C’est une véritable guerre que nous allons livrer aux trafiquants et aux délinquants. L’autorité de la loi doit être respectée sur l’ensemble du territoire national.
C’est pourquoi j’ai décidé de nommer Préfet de l’Isère Eric LE DOUARON un policier de métier, Préfet de la Meuse, qui a été durant 6 ans un très remarquable directeur de la sécurité publique à Paris, de la même façon que j’ai nommé voici quelques semaines Préfet de la Seine Saint Denis un autre grand policier en la personne de Christian LAMBERT. J’installerai moi-même le nouveau Préfet le 30 juillet.
J’ajoute que les évènements survenus dans le Loir et Cher soulignent les problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms. Je tiendrai une réunion à ce sujet le 28 juillet. Cette réunion fera le point de la situation de tous les départements et décidera les expulsions de tous les campements en situation irrégulière.
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